Six Queers Under Folk

        Historiquement, entre l’ère des hippies et l’ère reaganienne, le cinéma américain n’a pas manqué d’audace, mais il est évident que cette période de liberté, aujourd’hui, est révolue. Pour combien de temps ? Qui peut le savoir ?
        De même qu’à une période libertaire succède toujours un retour en force de l’ordre moral, on peut néanmoins espérer que cette situation ne sera pas éternelle. En attendant, le salut est venu d’où on ne l’attendait pas : la télévision.
        Oh ! Bien sûr, pas des grands réseaux nationaux : sur ABC, CBS et NBC, pas plus d’espoir que sur nos chaînes hertziennes. Non. De même qu’en France, c’est Canal Plus, chaîne cryptée, qui a renouvelé la donne, outre-Atlantique, un scénario identique s’est joué, avec HBO – Home Box Office, une chaîne qui s’est également lancée dans le cinéma, non sans un certain succès, puisque le film de Gus von Sant, Elephant, qu’elle a produit, a remporté la Palme d’Or au Festival de Cannes en 2003. Elle conserve aussi cet avantage sur Canal Plus, différence qui n’est pas à notre honneur : la chaîne française n’a, somme toute, jamais été qu’un diffuseur, pas une chaîne créatrice. À l’actif de Canal Plus, sur le plan de la création télévisuelle, on ne retiendra guère que les Guignols de l’Info, et une certaine époque de Nulle part ailleurs, qui, grâce au tandem Philippe Gildas-Antoine de Caunes, nous laissera de bons souvenirs ; mais davantage par l’esprit qui inspirait cette émission que par les œuvres inexistantes qu’elle a laissé, ou plutôt n’a pas laissé, avant de sombrer.


        C’est sur HBO que de nouvelles séries sont apparues : The Sopranos, Sex and the City, Oz, Da Ali G Show, The Wire, etc., qui abordaient, sur un ton inconnu jusque là, des sujets enfin nouveaux.
        Ce modeste site entend rendre hommage à deux d’entre elles, et prétend déceler des liens entre ces deux feuilletons pourtant si différents : Six feet under et Queer as folk.
        Les deux feuilletons sont analysés séparément, de la façon la plus classique. Mais des passerelles sont jetées entre eux. On n’a pas cherché à révolutionner l’analyse sur Internet, entreprise à laquelle il est impossible de croire, la pratique du zapping étant, sur ce medium, encore plus expéditive qu’à la télévision. En revanche, il n’est pas interdit de céder à sa fantaisie.

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