L’homosexualité n’est pas le sujet de Six feet under, mais elle y est présente – pas omniprésente. Il faut se souvenir que l’auteur, Alan T. Ball, auteur au cinéma d’American beauty, ne se cache pas d’être lui-même homosexuel.
        Deux personnages centraux du feuilleton sont concernés. Ils vivent d’ailleurs en couple. Il s’agit de David Fisher, le cadet de la famille, et de Keith, ex-policier noir (il a perdu son travail à la suite d’une « bavure », au cours de la saison 2). Les deux hommes sont très différents, et leurs caractères respectifs s’accordent assez mal, au point d’avoir suscité une rupture temporaire. Tous deux sont en fait bisexuels, ou l’ont été durant leur jeunesse : chacun a connu un certain nombre de femmes avant de choisir son orientation définitive. Dans le cas de David, il s’agissait d’un refoulement de ses tendances propres, sous la pression religieuse, puisque David est très croyant, aggravée de la pression sociale. Dans le cas de Keith, on ne sait pas.
        Si la famille de Keith semble avoir été au courant très tôt, celle de David ne reçoit cette révélation qu’après la mort du père, qui n’a donc rien su des goûts de son fils – sauf à penser qu’il ait été très observateur, puisque, enfant, David jouait à la poupée ! La réaction de ses proches est très diverse : sa sœur Claire s’en fiche complètement, son frère aîné Nate n’a pas davantage d’opinion bien arrêtée, car il a vécu suffisamment pour ne s'étonner de rien sur le plan sentimental. C’est du côté de Ruth, leur mère, que cela « coince » : très tourmentée par ses « responsabilités de mère », perpétuellement inquiète du sort de ses enfants, Ruth s’accuse elle-même de tous les péchés, et se sent par conséquent coupable d’avoir provoqué la déviance, pense-t-elle, qui frappe son fils. Il est vrai que le remords la ronge d’avoir trompé son mari, révélation qu’elle se croit obligée de faire à ses enfants le jour même des obsèques du défunt !